Manifeste : Resonare Sexaginta, œuvre musicale collective
Ce projet n'a jamais existé autrement que collectif. Depuis le premier jour, l'idée c'est ça : des gens que je ne connais pas encore, une même base, et voir ce qui se passe quand on les laisse faire.
L'hyperactif procrastinateur que je suis l'a porté depuis mai 2023 sans le sortir. La marque déposée, le domaine acheté, la charte construite, et le projet qui attendait. Aujourd'hui il est temps.
Pourquoi le Ré
À la guitare, un Ré muté a quelque chose de particulier. Pour moi en tout cas, impossible à expliquer vraiment. Cette fréquence-là, autour de 147 Hz, elle se situe dans une zone charnelle, ni trop grave ni trop aiguë. Elle porte sans écraser. Elle résiste et vibre en même temps.
Et puis il y a l'histoire. RE sonare fibris : « pour que résonnent les cordes ». C'est la deuxième ligne de l'hymne que Guido d'Arezzo utilisait au XIe siècle pour enseigner les notes à ses moines. C'est de là que vient le RE. C'est de là que viennent toutes les notes qu'on joue encore aujourd'hui. Partir d'un Ré pour ce projet, c'était une évidence.
L'Hymne à Saint Jean-Baptiste, Ut queant laxis, est la source historique des noms des notes de musique. Lire l'histoire complète → L'histoire des notes.
Pourquoi 60 BPM
Soixante battements par minute. Une noire par seconde. Le tempo du cœur humain au repos.
C'est un tempo étrange. Il semble simple mais il expose tout. Chaque silence compte, chaque intention s'entend. Et en même temps il est suffisamment lent pour être émotif, suffisamment stable pour servir de structure.
→ Comfortably Numb de Pink Floyd. → Puisque tu pars de Jean-Jacques Goldman (j'avais d'ailleurs réuni ces 2 titres dans une vidéo : → Puisque tu pars « Versus » Comfortably numb). → Untouchable Part 2 d'Anathema : un groupe de doom metal britannique que je vous encourage à écouter/découvir. Et plus loin encore, la →Gymnopédie N°1 d'Erik Satie : une seule ligne mélodique, un espace infini autour. Des univers radicalement différents. Les morceaux cités ci-dessus ne sont pas parfaitement à 60 mais dans un tempo similaire et unemême zone émotionnelle
C'est aussi pour ça que le fichier de 60 secondes peut être utilisé jusqu'à trois fois. Une minute, deux minutes, trois minutes, à vous de voir jusqu'où vous voulez aller.
Pourquoi maintenant
La musique générée par IA crée beaucoup de débats en ce moment et je ne suis pas là pour dire que c'est mal ou bien, ce n'est pas le sujet mais pour être très honnête, c'est un outil, comme l'est mon ordinateur, internet ou ma banque de sons. Mais je vois quelque chose se perdre dans tout ça :l'idée qu'une œuvre peut naître de l'authenticité, de la créativité pure, d'un geste humain qui n'appartient qu'à celui qui l'a fait.
C'est ça que Resonare Sexaginta défend. Pas comme argument marketing. Comme réalité de fabrication.
Ce que ce n'est pas
Ce projet est participatif. Vraiment. Pas dans le sens où tout le monde travaille gratuitement pour « l'amour de l'art » ou la promesse de visibilité.
Je suis entrepreneur depuis des années. Je sais exactement ce que ça veut dire de mobiliser du temps et de l'énergie sur un projet. Ce n'est pas ce que je propose ici.
Toutes les productions sont déclarées à la SACEM en collaboration artistique. Sociétaire ou non, chaque contributeur est crédité sur l'œuvre. C'est une obligation, pas un geste de bonne volonté.
La SACEM reverse ensuite directement les droits aux sociétaires concernés, selon les règles de répartition habituelles.
Ce que j'assume entièrement : le mixage, le mastering, la distribution, la communication, le pressage, le graphisme. Vous apportez la musique. Je m'occupe du reste.
Ce que ça peut devenir
Honnêtement ? Je ne sais pas exactement. Et c'est précisément ça qui m'intéresse.
Il n'y a pas de limite fixée au nombre de contributions. Dix artistes, cent, mille, le projet peut être sans fin, et c'est voulu. Chaque production sera numérotée : RSX-001, RSX-002, RSX-003, etc. et fera partie d'une collection qui existera longtemps après qu'on aura oublié dans quelles circonstances elle a été enregistrée.
Le reste, c'est vous qui allez l'écrire.
Jérôme THIERRY
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